DISIZ la biographie
Serigne M'Baye Gueye est né en France en 1978, d'un père Sénégalais et d'une mère Française.Élevé par sa mère, il ne s'étendra jamais sur son enfance, par pudeur, par refus d'une posture victimaire arboré par trop d'artistes... et tout simplement pour ne pas donner sa vie en spectacle. C'est cette humilité et cette indépendance d'esprit qui caractériseront son parcours d'artiste, manquant
parfois de lui jouer des tours, voir de lui faire manquer nombre d'opportunités que des collègues moins
soucieux d'intégrité ont saisi sans sourcilier. Il connaîtra un parcours atypique, entre une création débridée visionnaire et un doute toujours présent.Après avoir vadrouillé dans l'underground à la veille du 21ème siècle au sein du collectif Rimeurs à
Gages, Disiz La Peste perçoit qu'il est apte à exister de lui-même devant le micro, que sa voix a peut être
quelque chose d'unique. N'en déplaise à ses détracteurs, c'est entre autre Joey Starr qui parrainerases débuts officiels sur les ondes, suivi peu après par l'autre figure phare du rap français des années 90,Akhenaton du groupe IAM, qui fera appel à lu
i pour One Shot, un groupe crée a l'occasion de la Bande Originale du film Taxi 2.
Ces deux figures tutélaires illustrent de manière saisissante tout le potentiel qu’offre ce jeune artiste alors inattendu dans un rap qui ne s'illustre qu'à travers une scène, soit trop tournée vers le gangsta rap fantasmé soit vers le revendicatif parfois maladroit. A cette France bis des banlieues qui voulait se faire entendre, et qui allait marquer pour de bon la culture populaire de ce pays, Disiz prêtait alors sa voix, lucide et décidée, mais capable d'autodérision et d'humour. S'en suit donc en 2000, l’énorme succès que l'on sait pour le single « J'pète Les Plombs ». Mais bien plus qu'un succès, ce premier hit devient un phénomène repris dans toutes les couches sociales, de Ardisson, jusqu’aux cours d'écoles. Suivra son premier album « Le Poisson Rouge » que l'on peut aisément classer parmi les classiques du rap français. Classique de par son succès, la qualité de l'écriture ainsi que par sa production, l’originalité des thèmes mais aussi la richesse et la variété des musiques. Avec cet album, Disiz confirmera le « buzz » et s'inscrira définitivement comme un artiste à part entière en évitant l'écueil du chanteur de single.
Trois ans après, il sortira « Jeu de Société », son deuxième album. Presque plus original (un véritable jeu crée par Disiz lui même est intégré à l’album), plus maîtrisé musicalement (participation de Dj Mehdi ainsi que de Mad Izm et Secundo entre autres), égal en qualité inventive, en flow, touchant à des thèmes plus profonds que dans son premier album « Poisson Rouge », son exploitation sera tout de même plus difficile. La malédiction du second album ? Faut-il y vraiment trouver des raisons ?
Parallèlement à sa carrière française, il sort deux mixtapes au Sénégal, son autre pays. Une fois encore, il surprend. Sa démarche étant, comme il le dit : « de rééquilibrer ma balance personnelle ». Il fallait, pour lui, écrire, chanter et raconter aussi sa vision de cet autre pays. Ces deux « mixtapes », parce qu’elles sont sorties sur cassette à cause des réalités locales, sont en fait deux véritables albums qui seront réunis dans une édition française intitulée « Itinéraire d'un Enfant Bronzé ». Cet album aux contours de Slam bien avant l’heure, montre toute la portée réellement musicale et spirituelle qu'il donne alors à son rap. La reconnaissance des masses ou de ses pairs est alors le moindre de ses soucis,il lui fallait à ce moment se connaître pour avancer et revenir plus fort.
Début 2005, on aperçoit le rappeur aux côtés de Yannick Noah pour lequel il écrit le tube "Métisse",qu'ils interprèteront ensemble sur de multiples plateaux télé, de Taratata à Vivement dimanche, jusqu'à l'évènement mondial LIVE 8 organisé par Bob Geldof.
Après avoir fait un clin d’oeil au film « Falling Down (Chute Libre) » avec le clip de son tube « Je pète les Plombs », c’est au tour du cinéma de lui renvoyer la balle. Il joue dans quelques courts-métrages, notamment celui de Solo et David Tessier produit par Mathieu Kassovitz intitulé « La Chepor » et il sera repéré à l’avant-première de ce dernier par Denis Thybaud, le réalisateur du film "Dans tes rêves", qui lui proposera le rôle principal. Aux côtés de Béatrice Dalle et Vincent Elbaz, il montrera l'étendue
de son talent, celui d'un artiste aux multiples facettes et à l'irrépressible besoin de s'exprimer quel qu'en
soit le moyen.
En 2006, avec l'album « Les Histoires Extraordinaires d’un Jeune de Banlieue », il recevra une victoire de la musique. Commençait alors à germer en lui l'envie de prendre le milieu du rap à revers, plus décidé que jamais de ne pas jouer le jeu d'une industrie qui demande de plus en plus aux artistes de se plier à l'image qu'elle se fait d'eux et à des exigences d'un marché déjà hors de contrôle. Cette envie «de bol d’air frais » et de nouveaux horizons, lui fera intégrer, en 2008, le projet « Rouge A Lèvres ».
Un missile rap-electro dans l'air du temps voir en avance, qui ne manqua pas d'attirer les oreilles averties des deux côtés de la Manche. C'est l'ébauche d'un nouveau Disiz qui se dessine, libre et capable de tout ce dont on ne soupçonne pas un jeune de banlieue. Défait de ses craintes et de ses doutes, Disiz sent qu'il est temps de parler enfin, de donner l'album rap, ultime, que la France et le milieu qu'il a côtoyé mérite...« Disiz The End » qui, comme son nom l'indique, sera la fin d'un parcours, la mort d'un artiste avant sa renaissance sous une forme plus libre, et l'occasion pour Disiz d'aborder tout ce que, par respect, par dégout de la polémique, il a laissé de côté. Certaines choses dans son milieu du rap pour le moins l'irritent et il décide d'en brosser un portrait au vitriol. L'occasion est là aussi de parler enfin de lui, de qui il est, de ce qu'a été sa vie, loin des projecteurs et du papier glacé. Une vie qui a commencé dans les épreuves, et qui a apporté avec le succès son lot d'envies, de jalousies et de mauvaises intentions.
Le doute, le démon de cet artiste qui fut parfois trop conscient, est dans cet opus final vaincu. Et chaque titre vibre de toute la force de cette musique trop longtemps travestie, et transpire la lucidité, la colère, mais aussi la reconnaissance et l'amour comme un dernier message adressé à ceux qui croyaient le connaître...
Is this the end ? Peut-être juste une mise au point. En tout cas une page se tourne.


